Transposer la cocotte, et autres directions artistiques

Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou étaient en tournée la semaine dernière : tournée d’inspection des partenaires multiples qui œuvrent actuellement, chacun dans sa partie, à la mise en place du concert qui sera donné à La Sirène en mai 2017. Les deux directeurs artistiques improvisés ont pu apprécier l’implication de chacun dans le projet.


1 – Se rhabiller pour l’hiver

Premier temps de la visite : la rencontre, au lycée professionnel Gilles Jamain de Rochefort-sur-Mer, des élèves des classes de Mode et d’Arts appliqués, respectivement encadrés par Marion Doucet et Delphine Loriant, ainsi que par leur professeure de Lettres Marion Magriau. Lors d’une première rencontre avec les enseignants, Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou avaient donné quelques pistes de réflexions pour l’élaboration de costumes de scène. Quelques directions, quelques mots-clés, davantage que des consignes strictes, qui avaient pour but d’amener les jeunes et futures professionnelles de la mode à proposer une libre interprétation des tenues, sous forme de croquis. Tandis que Laurent aspirait à la simplicité, en proposant de réfléchir à la confection d’une chemise, Le Prince Miiaou avait manifesté l’envie de pousser les réflexions du côté de la science-fiction, de la piraterie, du manga et du dessin animé japonais, à la manière d’Albator.

Lors de cette première restitution, les propositions des élèves sont riches, les interprétations nombreuses et variées. Le Prince Miiaou et Laurent Lamarca prennent le temps d’apprécier la plus ou moins grande liberté que les jeunes créatrices (et quelques créateurs, ne les oublions pas) ont mis dans la réalisation de leur modèle. De l’Albator dans son jus jusqu’aux réinterprétations avec ou sans cape, avec ou sans accessoires, les travaux sur le thème évoqué par Le Prince Miiaou témoignent d’une réelle implication des élèves. Même chose du côté de Laurent Lamarca, dont la garde-robe de papier montre une abondance de cygnes et de lunes. Forts de cette variété, les artistes retiennent ici et là sur les esquisses les éléments de costume qui contribueront à l’élaboration collective du costume parfait. Les artistes en profitent pour rappeler qu’au-delà de la seule proposition esthétique, un costume de scène se doit de prendre en compte certaines contraintes pratiques, comme le fait d’évoluer autour de différents instruments et dispositifs techniques (les pédales, les micros) durant le spectacle. Une expérience de commande, de proposition et de contre-proposition qui est donc formatrice pour les jeunes apprenties.


2 – Organiser les primaires

Deuxième temps de la semaine : rencontre avec les jeunes élèves des « classes chanson » de cette nouvelle année scolaire, les CM1 de l’école de La Courbe et ceux de la classe de CM2 de l’école Jules Ferry, toutes deux à Aytré, sous la responsabilité respective d’Agota Szucs et d’Alice Le Saout. Les élèves à l’image de ceux des classes chanson de l’an dernier : absolument pas intimidés par les artistes, qui sont venus leur présenter leur mission : prolonger l’expérience entamée par d’autres élèves, répéter les chansons comme des pros sous la direction de Wilfried Hildebrandt et se produire sur scène au moment du spectacle. Rien de moins. Pas effrayés, les élèves s’enquièrent avant toute chose de connaître la jauge de la salle : « 600 ». « 600 ? oh, ça va ! ». Le trac n’est plus ce qu’il était. Sous le panneau de basket et le généreux soleil de ce début décembre, les artistes se prêtent ensuite à l’interrogatoire habituel, avant de partir en récré.


3 – Transposer la cocotte

Enfin, derniers temps de cette grande tournée de direction artistique : Le Prince Miiaou et Laurent Lamarca rencontrent les musiciens amateurs répétant dans les studios de La Sirène pour convenir d’un accompagnement scénique, puis Le Prince Miiaou (et un bout de Laurent sur Skype) retrouve dans les mêmes studios les enseignants du Conservatoire de musique de La Rochelle pour effectuer les dernières modifications sur les arrangements proposés par les profs. On retient pour l’essentiel : la difficulté pour les joueurs de cuivre à « transposer la cocotte », dont on devine en passant qu’il s’agit d’une sorte de cliquetis de cordes ; la distinction essentielle entre papap-pip et pap-palapap-pip, et le souci constant des enseignants à proposer des arrangements répondant à la fois parfaitement aux attentes des artistes et aux capacités des élèves de leur classe-orchestre, qui vont commencer à travailler sur les trois morceaux dès la rentrée (un de chaque artiste et un troisième d’un jeune groupe débutant : Radiohead) .

Le spectacle s’annonce bien.

À suivre