Soit dit en passant #8

De la disparition de Leonard Cohen au signalement des dernières tendances de la french pop, les questions du rapport entre langue d’expression et chanson se rappellent à notre bon souvenir avec une régularité certaine. On renvoie à ces deux articles repérés ce début de semaine, qui font écho aux interrogations d’Une Chanson sous influence.

On doit le premier article « Leonard Cohen en français, cela n’a jamais été absurde » à Pierre Marti, qui s’interroge dans Slate sur les questions de traduction et de compréhension des chansons du poète et chanteur canadien, francophone, francophile, et dont le rapport à la langue amène de très intéressants développements.

« On constate aujourd’hui que de nombreux groupes de pop ou de rock français qui chantent en français de façon décomplexée rencontrent le succès alors que l’anglais semblait être la langue dominante de la scène française de la décennie précédente et ses légions d’imitations des Strokes et autres Libertines. Comme si avec Fauve, Feu Chatterton et consorts, parler au public dans sa langue était redevenu aussi fondamental que de chanter ses propres chansons. La pratique de la traduction-adaptation en français de tubes en anglais est presque complètement sortie des usages des artistes francophones et de leurs maisons de disque. Peut-on même imaginer Nekfeu reprendre du Kanye West sur scène, et La Femme enregistrer une reprise en français de Tame Impala ? »

Le second article repéré, « le son du jour #49 : bilingue comme Laure Briard » d’Olivier Lamm, illustre comme le prolongement de cette idée, que la scène française pioche indifféremment désormais dans l’une ou l’autre langue.

« Comme Lætitia Sadier de Stereolab avant elle ou la plupart des gars et des filles d’Aquaserge (Julien Gasc, Barbagallo…) qui l’accompagnent souvent sur ses disques, Laure Briard chante la plupart du temps en français mais se fiche pas mal de savoir si elle fait de la pop ou de la chanson à texte. A tel point que les Anglo-saxons, décidément francophiles depuis quelques temps, l’aiment, l’écoutent et publient ses disques sans état d’âme comme si elle faisait partie des leurs à 100 %. »

À suivre,