Tout finit toujours par s’arranger

Un matin dans un studio, à La Sirène. Ils sont six profs du Conservatoire de musique et de danse de la Rochelle à tester avec leurs instruments quelques principes d’arrangement discutés la veille avec Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou. Leur mission : amener leurs élèves à reprendre Radiohead lors du grand show de fin d’année.

20160927_095647Ce n’est pas le moindre enjeu d’Une Chanson sous influence que de rendre compte de la musique en train de se faire. La dimension proprement créative du travail musical échappe la plupart du temps au commun des mortels. Difficile de se rendre compte de la façon dont les envies premières d’un artiste commencent par prendre forme, difficile de prendre la mesure des tâtonnements, des hésitations, des fausses pistes, surprises et des illuminations soudaines. Pourtant, c’est bien souvent là, dans ces moments de création, que viennent se loger, parfois de manière imperceptible, au détour d’une note, d’un accord, d’une « couleur », les influences conscientes ou inconscientes qui nous occupent tant sur ce projet.


Une chanson classe

20160927_095711En dévoilant aux enseignants de la « classe chanson » de l’école Condorcet de La Rochelle leur envie commune de présenter sur scène une reprise de Climbing up the wall de Radiohead, Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou ne savent pas encore ce à quoi ils souhaitent aboutir. Le groupe et le morceau les rassemblent, ils ont envie d’en proposer une version très orchestrée lors de leur futur concert commun mais ils sont avant tout curieux de savoir ce que les profs et leurs élèves (des élèves dont la pratique amateur ne dépasse pas trois ans) sont capables de proposer et de jouer.

La présente séance à La Sirène a donc pour but de s’entendre, de se comprendre, de poser les bases des répétitions à venir avec les élèves, puisque Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou n’assisteront pas à tout. Des envies et intuitions exprimées par les deux artistes, les profs du Conservatoire vont donc tout d’abord faire quelques premières propositions.

Écoute après écoute, les choses s’affinent. Le Prince Miiaou et Laurent Lamarca, mais rapidement aussi les enseignants eux-mêmes, ajoutent, retranchent, trouvent une nouvelle rythmique, font passer tel instrument en premier plan, tel autre en second. On travaille les enchaînements, les progressions, on laisse pour l’instant de côté les intros possibles, qui feront l’objet d’un autre traitement instrumental.

À l’issue de cette première rencontre, profs et artistes repartent avec des enregistrements. Il va falloir désormais amener les jeunes instrumentistes à se frotter à cette relecture décoiffante de Radiohead.