Ça part d’un rien…

« Ça part d’un rien, d’un mot, d’un geste, d’un regard… »

DSC_2164Les paroles écrites par les jeunes élèves de seconde du lycée Doriole sont lues par l’une d’entre elles en début d’atelier et prennent une résonance particulière. Lors de la première séance menée par Laurent Lamarca et Le Prince Miiaou il y a quelques semaines, les filles (la classe est en effet 100 % féminine) avaient clairement manifesté leur envie de se servir de la chanson pour exprimer leur quotidien scolaire et dépasser quelques menues rancœurs. La chanson a cette vertu cathartique d’alléger certains mots/maux.

Entre cette première séance et celle du jour, les textes ont été travaillés avec les professeures et les chansons présentent aujourd’hui un tour plus abouti. DSC_2163Laurent et Le Prince Miiaou en prennent connaissance. Problème pour eux : si les paroles traduisent bien le ressenti des lycéennes, leur écriture très littéraire se prête mal au format chanson. Il va falloir sabrer quelques mots, réécrire quelques formules. Discuter métrique et rythmique. Compter ses pieds.
Deux ateliers s’amorcent, Laurent pointe les redondances, Le Prince Miiaou biffe les maladresses. Les élèves sont réceptives et très impliquées : elles veulent bien que l’on touche à leur création mais pas question pour elles de perdre le message en route. Travail délicat pour les artistes, qui doivent composer avec les sensibilités et les fortes personnalités.

Il est encore un peu tôt pour envisager la mise en musique. Même si certaines s’amusent déjà à slamer leur nouvelle production, il reste à peaufiner un autre aspect du projet : le passage à l’anglais. DSC_2169Les problèmes sont très concrets : comment traduit-on représailles ? est-ce d’ailleurs vraiment le terme le plus approprié ? à quoi faire rimer « It’s like talking to a wall » ?
Le Prince Miiaou et un bon vieux Petit Robert s’emploient à la tâche, vite secondés par des applis de traduction.
Gros travail de concision : on traduit « on a beau tout expliquer » par « we can explain », on explique les qualités de « wanna » et « gonna » en lieu en place des plus académiques « want to » et « going to ». On dévoile comme un secret bien gardé qu’on a le droit de ne pas mettre de verbe, qu’on fait bien ce qu’on veut…

« Ça fait classe de chanter en anglais » s’amuse une des élèves.

Pas le temps toutefois de fredonner, l’heure tourne, ça part d’un rien et il faut déjà filer.